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11 NOVEMBRE 1918.........................11 NOVEMBRE 2011

 

La grande guerre , la der des der , la boucherie de Verdun , la folie des hommes ,le fer et le feu :.............La guerre de 1914-1918 .

La guerre est née de la volonté nationaliste des nations , de la rivalité territoriale des grand pays , des exigence des alliances et un patriotisme exacerbé .

Deux camps : deux alliances en présence :

la triple alliance, comprenant : l'Autriche Hongrie , La Prusse et l'Italie.

la triple entente , réunie : la Russie , l'Angleterre et la France .

L’assassinat de l'archiduc François Ferdinand le 28 juin déclenche le jeu des alliances . Le 3 août l'Allemagne déclare la guerre à la France . Le 3-13 septembre l'armée Française arrête l'offensive Allemande sur la Marne . Des milliers de soldats sont rapidement amenés sur le front à l'aide des taxis parisiens. Les troupes dès lors s'enterrent dans les tranchées . La guerre de position durera 4 ans , et fera 10 millions de morts .

Des millions de héros …..mais aussi des millions de morts .

Au Travet les personnes qui avaient vécu la déclaration de guerre et la mobilisation aimaient rappeler l'émotion de la population quant les cloches ont sonné le tocsin . L'émotion a été la même a la fin de la guerre , le jour de l'armistice , mais les cloches ont carillonné de joie . Pratiquement chaque famille avait un membre à la guerre et quant le glas sonnait , chacun se posait la question : qui est-ce . De même chaque famille vivait dans l'angoisse , avec la peur de voir arriver le maire , le curé et les gendarmes , venant annoncer le malheur . Il ne restait plus dans les fermes , pour faire le travail que les femmes , les vieux et les enfants. La tradition dit que la guerre a été assumée sur le front par les hommes et à l'arrière par les femmes .

Les photos ci-dessous sont des photos authentiques de la guerre , toutes prises par Emilien Payrastre de la famille Paulin de la Magrié . Il a pris de nombreuses photos et a écrit de très belles lettres à sa cousine Philomène .

positions devant Juvincourt

tranchées sous la pluie

les cuisines du colonel!

un prêtre soldat

obus Allemands

éclatement d'obus

ruines de l'église

L'invention de l'homme pour faire la guerre est sans limites

l'as de carreau , l'ancêtre du char Leclerc

canon de 240 !

cimetière Français

 

 

 

 

des morts

 

 

 

 

 

encore des morts

 

 

 

 

cimetière Français en Allemagne

 

 

 

 

 

 

Emilien Payrastre

 

 

 

 

La prière des morts sur le plateau de Craonne écrite en 1917 par Emilien

Le régiment tenait les lignes , depuis quelque jours , sur la crête nord du plateau et déjà le torrent meurtrier de mitraille qui s'abattait sans discontinuer sur les hommes avait fait du vide dans leur rang . Le fait avait été accepté tout simplement, avec la muette résignation de ceux qui assistent depuis des jours et des mois à l'accomplissement sinistre et méthodique de la besogne affreuse confiée à ces masses inconscientes de cuivre et d'acier .

Quelques malheureux, mis en morceaux littéralement avaient étés enterrés sur place, d'abord parce qu'il eût été difficile de rassembler toutes les parties de leur corps , ensuite parce que la vie de ce secteur de C, rendait presque impossible les inhumation en dehors des lignes .

L'un deux ,cependant, un petit soldat de la classe de 1917 , arrivé depuis quelque jours et déjà sacrifié à la cause commune , avait été ramené , oh pas loin , cent mètre environ , en arrière et inhumé sur l'une de ces pentes les plus proches de ce morne plateau .

Le plateau de Craonne , comment le décrire? Tous ceux qui ont pu voir ces pentes labourées, retournées , criblées , ne les oublieront jamais . pas un mètre de terrain qui n'ai été troué plusieurs fois par les obus et qui ne soit jonché de débris de mitraille . Partout des restes de bataille , des engins non encore éclatés , des casques français et allemands , des corps en lambeaux , des armes tordues , Tout cela à demi enterré .Emergent de la terre tourmentée , à fleur de sol , des gueules de canon , complètement enterrés , des sapes entières effondrées laissant apparaitre des planches pourries et rougies .

Enfin, tous les trois mètres au plus , on buttait du pied sur un morceau de cadavre , de crâne , de main, un bras , quelques fois c'était des corps entiers qu'on rencontrait enterrés imparfaitement , ou déterrés récemments par le bombardement qui n'arrêtait pas .

C'était sur une de ces pentes les plus proches de l'ennemi , qu'on avait creusé un trou uniforme pendant la nuit pour être moins exposé et on y avait descendu les reste d'un petit soldat de 19 ans .

Hâtivement, on avait marqué la place de la tombe par une croix faite de morceaux de bois déchiquetés sur lesquels on avait mis un nom au crayon et c'est tout .

Ce petit monticule abritait un cadavre de plus qui venait s'ajouter aux milliers de cadavres pareils ignorés dans cette terre de douleur et de deuil .

Et les obus faisaient rage tombaient toujours et on continuait à vivre cette vie intense de misère et de résistance , jusqu'a la mort autour de ce plateau

.Comment aurait-on pu prendre du temps de s'occuper d'un mort ou d'une tombe ? Pendant l'après- midi qui suivit la nuit de cette terrifiante inhumation , quelqu'un vint pourtant dire un dernier adieu au petit soldat et murmurer au dessus de sa tombe des paroles d'amour et d'espérance au milieu de cet abandon forcé .

Ce fut un prêtre soldat , son étole , passée sous sa capote et flottant au vent qui soufflait en nous apportant des odeurs fétides , était la seule marque de son sacerdoce . IL s'approcha vivement suivi d'un infirmier , s'arrêta près du monticule de terre et commença les prières des morts dans le décor effrayant que je ne pourais jamais dépeindre .

Les obus sifflaient et venaient tomber à côté d'eux , faisant jaillir une colonne de fumée âcre et une gerbe d'éclats et de mottes de terre . A leurs pieds , le ravin se déroulait macabre , horrible . Au loin ils appercevaient le plateau défoncé qui s'étendait à perte de vue , plateau couvert jadis de bois serrés et touffus dont il ne reste plus aujoudhui que quelque tronçons d'arbre morts et déchiquetés .

L'infirmier se découvrit , s'approcha de la tombe lui aussi et dit au prêtre soldat "Fais vite, hein !" Paroles sincères traduisant l'instinct de conservation que chacun porte en soi , qui prime tout .La guerre a le don de mettre à nu le secret et le sentiment des hommes les plus haut comme les plus bas , les plus intéressés comme les plus égoïstes . Sous la mitaille on fait toujours un geste , on dit toujours un parole qui traduisent le cri du coeur .

Pendant quelques minutes , tête nue , l'étole agitée par la brise sur son humble capote souillée de boue , le jeune prêtre pria et demmanda le bonheur éternel au Maître de toute choses pour cette innocente victime des passions humaines déchainées .

Il remplaça près d'elle à la fois les êtres aimés qui bientôt le pleureront plongés dans un irrémédiable chagrin et tous les hommes de France qui savent et qui comprennent toute l'étendue des sacrifices acceptés et faits par ceux qui les défendent .

Repose en paix , pauvre petit soldat! Que Dieu entende la voix de celui qui viens près de toi , te dire ce dernier adieu , ou mieux cet au-revoir !Qu'elle s'ouvre toute grande la porte de ta glorieuse éternité et qu'elle comprenne par son infinie bonté le sacrifice que les hommes t'on demmandé au seuil de la vie .

Sois pour nous , petit soldat de 19 ans,un interprète , un intercesseur auprès de ce Dieu tout puissant .

Demande lui d'arrêter le flot de sang qui ne cesse pas de couler ! Demande lui le triomphe de la juste cause de la justice , demande lui la paix .

Demande lui tout cela pour les mères de France qui pleurent et pour tes frères qui comme toi , avant d'avoir vécu , souffrent sans l'avoir mérité .

Emilien Payrastre

Emilien a été tué le 23 mars 1918 .............son corps n'a jamais été retrouvé.

Cette prière des morts écrite par Emilien témoigne de l'horreur de la guerre , mais parle aussi d'humanité , d'espérance ,de foi et de résignation .

Il y eut aussi des cris de révolte , comme cette chanson interdite dans les tranchées , mais que l'on chantait sous le manteau .


Quand au bout de huit jours le repos terminé

On va reprendre les tranchées

Notre place est si utile

Que sans nous on prend la pile

Mais s'est bien fini , on en a assez,

Personne ne veut plus marcher.

Et le coeur bien gros, com' dans un sanglot

On dit adieu aux civelots.

Mais sans tambour et sans trompette

On s'en va la-bas en baissant la tête .

Adieu la vie, adieu l'amour,

Adieu toutes les femmes.

C'est bien fini , c'est pour toujours

De cette guerre infame

C'est à Craonne sur le plateau

Qu'on doit laisser sa peau

Car nous sommes tous des condannés

Nous sommes les sacrifiés

Huit jours de tranchée , huit jours de souffrance

Poutant on a l'espérance

Que ce soir viendra la relève

Que nous attendons sans trêve

soudain dans la nuit et le silence,

On voit quelqu'un qui s'avance

C'est un officier de chasseur à pied

Doucement dans l'ombre de la nuit qui tombe

Nos pauv' remplaçants vont chercher leur tombes

 

 

 

C'est malheureux de voir sur les grands boulevards

Tous ces gros qui font la foire

Si pour eux la vie est rose

Pour nous c'est pas la même chose

Au lieu de s'cacher tous ces embusqués

Devraient bien monter aux tranchées

Pour défendre leur bien,car nous on n'a rien

Nous autres les pauvres purotins.

Et les camarades sont étendus là

Pour défendr'les biens de ces méssieurs- là

Ceux qu'on le pognon,ceux-là r'viendront

Car s'est pour eux qu'on crève

Mais s'est fini car les troufions

vont tous se mettre en grève

Ce sera votre tour messieurs les gros

De monter sur le plateau

Car si vous voulez la guerre

payez-là de votre peau.

 

LE TRAVET AUSSI, A PAYE UN LOURD TRIBUT A LA GUERRE DE 14

 

Bardou Joseph né le 9- 12- 1897 à Falies . Tué à Verdun au plateau des Caurières le 7-9-1917

Berlou Paul né à Lempéry le13-4-1896 tué au chemin des Dames le 5-5-1917

 

Jammes Charles né à la Peyre-Grosse le7-6 1891 tué le22-8-1914 à lunéville (disparu)

 

 

Marc Charles né aux Passadous le13- 3-1885 mort le 20-4-1916 prisonnier en Allemagne

 

 

 

Severac Elie né le 24-5-1893 à La micalié ,(le frère de Pierrou) tué le 8 -3-1915 au Bois Sabot dans la Marne . Tous les villages de cette zone ont été rasés. Il y à maintenant le camp militaire de Suippes

 

 

 

 

 

AVISOU Andre né à la Micalié ( le frère de Ricard)

Mort des suites de ses blessures

En 1921 à Castelnaudary

Parmi toutes ces tombes , celle Marc Charles

Et ....Payrastre Emilien né le 9-1-1893 à St Antonin de lacalm ,tué à Vouel dans l'Aisne23-3-1918 (disparu)

 


 

 

TEMOINS DU PASSE - CHRONIQUE D'AUTREFOIS


L'an mille huit cent trente quatre et le dix may le conseil municipal de la commune du Travet Reuni extraordinairement sous la présidence de mr le maire a unanimement délibere de prier mr le prefet de vouloir bienégard à la demande qui fut faite dans la déliberation du 18 juin 1818 d'après laquelle il demandait au nom de toute la commune d'etre reuni au canton de Realmont , attendu quon avoit toutes sortes de communications à cause des marchés qui ont lieu les mercredis , d'ailleurs il n'y a que deux heures de distance tendisque à son canton d'alban il faut quatres heures pour y aboutir que s'est un pays si montagneux que l'hiver à cause des neiges les chemins sont impratiquables et quil ny a aucune communication , il observe encore que la commune du travet quoique du canton d'alban , paye ses contributions à realmont , et sous tous les rapports elle aurait le plus grand avantage d'y être réuni et ont signe : De Corneillan , Raisseguier , Berlou , Combes ,Farenc Avisou ,Berlou adjoint

Avant la révolution la paroisse faisait partie du district de villefranche et tout naturellement la commune y fut rattachée . En 1918 le Travet rentre dans le canton d'Alban et ce n'est qu 'en 1835 qu'il est définitivement dans celui de Réalmont .

Vous avez bien lu : quatre heures pour aller à Alban et deux heures pour se rendre à Réalmont .Il est vrai que les routes n'avaient de route que le nom . c'est à partir de cette époque que les pouvoirs publics en ont fait des voies de communication .(on verra plus tard que ce ne fut pas sans mal)

Le Travet - Alban : quatre heures pour environ 18 km .

Le Travet - Réalmont : deux heures pour 16 km.

D'accord , les routes étaient des chemins de chèvres . Pour aller à Alban ,il fallait monter et pour aller à Réalmont , ça descend , Mais ceci n'explique pas totalement cette différence . Les doléances des conseils municipaux (en tout cas du travet) étaient vraiment des doléances et c'est toujours vers la plaine que ce sont faites les migrations. Un vieux dicton donne une explication : pour faire monter une nobio (une mariée) à la montagne ,il faut l'attacher avec une chaîne . Pour la faire descendre dans la plaine , un simple fil de laine suffit . Le Travet n'échappait pas à la règle et Réalmont a été toujours , son pôle d'attirance .

CHRONIQUE DU PASSE

 

Ce texte fait partie du recueil des délibérations du conseil municipal du Travet Il a été volontairement transcrit en l’état . C'était De Corneillan qui était généralement secrétaire de séance .

L'an mil huit cent trente quatre et le douze janvier . Le conseil municipal de la commune du Travet réuni par la convocation du Maire en vertu de la lettre de Mr le préfet, en date du 24 octobre dernier a unanimement délibéré qu'il y a environ vingt ans que le nommé pierre payrastre tisserand. et carilloneur fit élever sa maison situie dans le village du Travet et fit batir un escalier qui se trouve dans la rue publique il a aussi délibéré que le tas de fumier qui est adossé a sa maison et audit escalier se trouve également dans la rue publique et qu'enconsequence il croit que Mr le Maire est fondé a poursuivre le délinquant et ly authorise et ont signé les membres présents

De Corneillan , Combes, Berlou , Raisséguier , farenc , Berlou adjouent, Avisou, Roumegoux Maire …......................................................................................................................................................

La maison du dit Payrastre se trouvait dans la rue principale du village à l’emplacement du grenier de Combes Eloi , en face l'église.

Les plus vieux d'entre nous se souviennent sans doute d'une vieille masure , avec un escalier extérieur en pierre et qui a été remplacée par le grenier de Combes Eloi . C'est de cette maison qu'il s'agit dans le texte .

Les mêmes plus vieux , se souviennent peut être aussi, vers 1945-46 de la démolition de la vieille maison de Combes et la reconstruction de la maison actuelle

.A propos du grenier du brave Eloi  , cela ne vous rappelle rien ? : ......Un lieu de rendez- vous incontournable , (comme la cave de Poulou Peyre) . Combien de nouvelles ,plus ou moins justes, se sont répandues,  entre ses murs!........Ou la vie du Travet , ..si souvent commentée et.... interprétée ! Et le nombre d'affaires qui s'y sont faites ….....ou défaites !

Le village était ainsi parsemé de lieux de rencontre , très fréquentés , en fonction de leur situation ,(bord de la route!) ou de leur utilisation , (grenier , cave!) surtout en certaines saisons , ou par mauvais temps .

DOCUMENT DE 1689 CONCERNANT LA COMMUNAUTÉ DU TRAVET

Estat des biens et facultés que la communauté du Travet(1)au diocèse d'Alby possédoit en mille six cent trente neuf et encore à présent n'ayant rien acquis depuis .

La communauté du travet est composée du lieux du Travet. Il y a deux fontaines l'une appelée la tinette qu'est dans une terre du sieur de Failhes(2) et l'autre appelée la fontaine de la Micalié et dans un terre de jacques Campagnac(3) des quelles fontaynes lesdits habitants dusdit Travet se servent n'y ayant aucun four commun chacun en son particulier en faict pour son service(4)

Plus jouissent un couderc pâturage en commun au bout du dit lieu contenant deux mesures de Réalmont à semer seigle(5) confronte de levant le chemin de la fontayne de la micalié midi Barthélémy Suc et jardin de Phalip Payrastre couchant le chemin du Travet à Granval de bize terre de Pierre Payrastre qui paye tailhe au roi et la cencive au seigneur dudit lieu du Travet.(6)

De plus ladite communauté est composée de six petitz masages dans chacun desquels il ya une fontayne publique pour le service des habitants mais il n'y a aucun four commun chaque particulier en ayant un pour son service . (7)

Monsieur de Soubiran est seigneur hault moyen et bas de la dite communauté(8). Il y a deux consuls dans ladite communauté qui ne portent pas de livrée.(9)

Déclarant que la dite communauté ne possède aucuns autre biens droit ny facultées en commun ny ayant aucunes foires ny marchés ny autres droits quelquonques ny ayant aussi acun hospital ny séminaire .

Nous Barthélémy Suc et Jean Rattie consulz modernes(10) la présent année du dit Travet assistés de sieur César Cahusac et sieur Falhès habitant et contribuables dudit Travet certiffions que l'estat cy dessus escript contient vérité en foi de quoi lesdits Cahusac et Fallhès se sont signés lesdits consuls ont dit ne scavoir faict au Travet vingthuitième febvrier mil six cent quatre vingt huit

Cahusac.......... Falies............ du mandement desdits consulz

Pagès pour le greffier

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1/ La communauté regroupe l'ensemble des habitants, payant l'impôt , sauf le seigneur du lieu.

2/ la fontaine de la Tinette existe toujours(voir photos) et se trouve à flanc de vallon , au sud du village, dans un pré appartenant à la famille Barthe .

3/ La fontaine de la Micalié est toujours là (voir photos) au début du ruisseau de la Cadassarié et au nord de la micalié .

4/Il n'y a jamais eu , semble-t-il, de four seigneurial, ni commun , au Travet. Mais plutôt un dans chaque maison pour les plus "riches" ou au masage .

5/Un couderc ,est un petit carré de terre , généralement en pré et cloturé, proche des habitations.Cela peut être aussi un pacage communal . Ce couderc en question aurait pu se trouver entre le chemin de la foun et l'actuel chemin de la Peyrade . Peut être est-ce tout simplement les patus de Lamicalié . Petit rappel : le levant est à l'est , le midi au sud , le couchant a l'ouest , la bize au nord ( aussi septentrion) .

Contenant deux mesures : La mesure vaut 1/8 de sac ,le sac est de 100litres ,il faut deux sacs pour ensemencer un ha . Donc le couderc doit être au plus de 25ares. Toutes les mesures n'étaient pas égales, celle-ci est de Réalmont .....alors !!!!

6/la taille est l'impôt dû au roi (que ne payait que le peuple )et la censive , l'impôt dû au seigneur local ((que payait aussi le peuple).

7/ Six petits masages :Lamicalié , la Cadassarié et Rasisse terres du seigneur , Costes Auries , le Cayla et sans doute le Clapier ( La Magrié n'était pas en principe dans la seigneurie. La Roque , faisait partie de la paroisse du Travet .

8/ Après la disparition de la famille De Génibrouse c'est un de Soubiran qui devient seigneur du Travet . Ce sera ensuite la Dame de Rode et le chevalier de Pagese et enfin c'est Joseph de Lapanouse qui vers 1750 vendra la seigneurie aux De Corneillan .

Après avoir passé la Guerre de cent ans et les guerres de religion , le château de Rasisse ne devait pas être en très bon état et même si les actes importants étaient signés dans le château , les seigneurs ne devaient pas souvent y habiter . C'est sans doute vers cette époque que fut construite la maison bourgeoise du Travet , appellée chateau du Travet .

9/ 10/Les consuls sont les représentants de la communauté. Les consuls modernes sont les derniers nommés. Dans les grandes villes , ils avaient un pouvoir important .

11/Un des consuls , a pour nom Falies (sans doute Jean) c'est sa famille qui a donné son nom au quartier du Travet appelé Falies . Son grand père Jacques , un marchand originaire de la région de Trebas et qui avait des biens un peu partout est arrivé au Travet vers 1600 .Son père Daniel Falies a été notaire au Travet dans les années 1650 .Toute la famille était protestante .A la révocation de l'édit de Nante, certains ont abjuré leur foi . D'autre ont émigré en Allemagne et en suisse , ou ils ont encore des descendants .

 

 

 

FONTAINE DE LA TINETTE

La tine était une petite cuve souvent en pierre placée à côté d'un puits , ou une source et qui servait de réserve d'eau pour laver ou faire boire le bétail.

Cette fontaine a été très bien restaurée par Charles , il y quelques années .

Dans les années 1860 elle a été un objet de litige entre la famille Avizou de Gourgouriat et Charles de Corneillan , un procès qui dura plusieurs années et que perdit de Corneillant .La fontaine était publique (voir texte au dessus), mais le litige était le droit de passage que contestait Corneillan . L'accès à l'usage de l'eau est un des plus ancien droit constitué . Un des plus litigieux , mais aussi un des plus organisé . Ainsi il n'était pas rare que des habitants aient accès à une mare privée en fontion d'une servitude ou simplement d'une entente . Par exemple les habitants de la Micalié pouvaient utiliser la mare de la Vergnolle , pour laver le linge ou faire boire le bétail , en contre partie ils s'engagaient à participer à l'entretient de la mare.

plan de 1866 . procès Avisou - Corneillan .

L'ouverture est de 1m de haut sur 0,50 de large

bien protégée de toute pollution

contrairement à la photo, l'eau est très claire .

 

LA FONTAINE DE LA MICALIE

La fontaine est assez imposante : environ 2 m de haut , 1,20 de large sur 1,20 de profondeur .

Chaque jour ,toutes les vaches de la micalié ,descendaient le chemin de la foun pour aller boire et il n'était pas rare qu'un troupeau montant rencontre un troupeau descendant , alors , gare aux coups de cornes .

Et puis vers les années 1950 , en quelque mois , la fontaine a perdu toute son eau , on pensait que ce n'était que provisoire , mais il a fallu se rendre à l'évidence , la source était tarie .

L'eau était rare et c'est un peu comme une malédiction , qui s'était abattu sur Lamicalié . Les années 50 c'était le début de la modernité . Alors pour certains , le responsable de la disparition de l'eau , a été , toutes ces choses nouvelles , que l'on ne comprenait pas toujours . Sans parler du mauvais oeil, du sort jeté et autres superstitions.

Il y a une vingtaine d'années , la vieille fontaine menaçait ruine , alors , une dizaine de jeunes du Travet ont réalisé un bon travail de restauration et permis à la foun , d'être , encore aujourdhui, toujours debout .

cadastre de 1830

certains, peut être, se souviennent . Il y à 20 ans :la fontaine restaurée par les jeunes du Travet .

 

 

 

 


 

 

TESTAMENT DE MADEMOISELLE DU TRAVET


Document notarial de 1665

 

Blason des De Genibrouse

Testemant de mademoiselle du Travet (1)

Au nom de Dieu soit fait que ce jourd'hui treze jours du mois de fevrie mil six cent soixante cinq apres midi dans le chasteau de Rasice diocese d'alby senechausse de Carcasonne/regnant louys par la grace de Dieu roy de France et de navarre (2) / pardevant moy notaire et tesmoins basnommes personnelements constitues / margueritte de cabrol veusfe a feu noble francois de genibrouse quant vivoit seigneur du Travet(3)/ laquelle etant dans la chambre de la salle dudit chasteau assise sur une chaise pres du feu / avance en age considerant qui lui este plus sertain que la mort ny plus incertain que l'heure d'ycelle et affin quelle ne soit venue seroit prinse sans avoir dispose de ses biens et quapres n'ay fait de differants entre ses enfants(4) / a voloir fere son testemant nuncupatif en la forme que sensuit (5) / premierement levant les yeux au ciel a invoque le nom de Dieu le priant luy vouloir remetre ses fautes et pechers et luy plise colloquer son ame en son royaume celeste du paradis et veust que apres que Dieu aura separe son ame de son corps et que sondit corps soit inume suivant la religion reformée de laquelle fait profession (6) / Item legue et donne la dite demoiselle testatere aux pauvres de Dieu du Travet la somme la somme de trentes livres tournois que veust luy soit payer apres son deces par son heretier bas nomme / Item lui legue la dite testatrice a dame anne de genibrouse sa fille hainee legitime et naturelle et dudit seigneur du Travet son mari (7)

Il a été conservé volontairement l'écriture de cette époque .

1/ une dame de qualité ou noble , même mariée , gardait l'appellation de demoiselle

2 / Le roi Louis XIV

3 / Marguerite était la fille de Charles de Cabrol seigneur de La Roque et de Marie du Poncet / Son mari, François de Génibrouse seigneur de Rasisse a été assassiné l'année précédente par le sieur de la mouline sur le chemin de Castres près de Berlan . Il a été enseveli dans l'église Notre dame d'al Trabet près de l'autel , du côté gauche .

4 / Formule courante dans les testaments de cette époque .

5 / Testament fait de vive voix et devant témoin .

6 / La région était plutôt protestante et l'édit de Nantes n'avait pas encore été révoqué . Comme beaucoup de nobles ou notables ( et nos ancêtres aussi) , les Génibrouse étaient de la religion réformée . Encore que , si Marguerite de Cabrol , veuve de François de Genibrouse ,se disait protestante , l'année précédente , son mari, le seigneur de Rasisse assassiné , a été enseveli dans l'église du travet . Or, on ne plaisantait pas à l'époque avec la religion : François de genibrouse devait donc être catholique .......et Marguerite , son épouse , protestante ? A moins que Marguerite ne soit devenue protestante entre 1664 et 1665 ! Il est vrais que cette période troublée , n'était pas propice à la simplicité .

7 Anne , la fille de Marguerite de Cabrol(ou Marie) et de François de genibrouse, se marie en 1666 avec Nicolas de Rabaudy .

Les châteaux de Rasisse ou La Roque avaient subi la guerre de cent ans et surtout les guerres de religion . ILs n'étaient donc que très peu habités et servaient de lieux de pouvoir (c'est dans le château, même en mauvais état , que se prenaient les décisions)

 

 


 

 

CES CHÊNES QU'ON ABAT

 

Pendant des siecles , ce chêne à présidé aux destinées de Lempery

 

Il est né sous le règne de Louis XV , il y a plus de 250 ans .

C'était bien après la révocation de l'édit de Nantes,mais les souvenirs étaient encore vifs, tant on s'est sans doute affronté à ses environs, au nom de la religion. Alors, à cette époque,avec tous les habitants, il aurait été , Huguenot avec les protestants et papiste avec les Catholiques.Plus tard, il à crié vive le roi avec la royauté et vive la république à la révolution et sans doute aussi vive Napoléon,sous les deux empires. C'est peut être sous son ombre,que les Travetois ont rédigé leur cahier de doléances.

Sans doute n'a t'il jamais entendu parler de l'affaire Calas , ni de Voltaire et Rousseau et encore moins de la Pompadour. Mais à la Révolution, il a surement vu partir la cloche de l'église du travet. Le château de Rasisse commençait sa vie de ruine et l'église du Cayla était déjà abandonnée

Le territoire qui l'à vu naître, appartenait à l'époque à la seigneurie de Grandval et se sont peut être les frères Berlou, nouveaux propriétaires , venant de Teillet, qui l'on planté.

Il a vu s'étendre le pouvoir du dernier seigneur du travet, Alexandre de Corneillan et assisté aussi à son déclin.

Dès lors, il n'a connu que la paix . Les guerres sont passées loin de lui, même s'il a entendu, de 1914 à 1918 plusieurs fois le glas et au plus près de lui, les pleurs du malheur.

Seuls, les bruits du travail de la terre et les cris des animaux, sont venus intérrompre sa quiétude .

Les saisons et les ans ont continué de faire de lui un géant et plus que jamais il n'a cessé de dominer Lempery.

Il a entendu des sons nouveaux et vu passer, hautain et dédaigneux,tout en bas, à ses pieds d'étranges machines,comme les premières faucheuses ou les premiers tracteurs.

S'il a encore quelques fois connu la violence , c'était vraiment contre son gré , lors qu'il servait occasionnellement de poste de tir pour l'affut aux lapins .

Et puis, comme tout être vivant,il a sans doute vu arriver sa fin . Lui, le géant,le chêne plus que centenaire, n'avait plus la force de pousser ses racines et de faire grandir ses branches.

Alors il s'est laissé dépérir , feuille après feuille , branche après branche.

Les gens d'en bas, ceux de Lempery , ont eu pitié de lui et ils l'ont aidé a mourir. Et c'est très bien ainsi .

comptez vous-même son âge!!!!

 

Ils sont venus, ils sont tous là , tous ceux de Lempery ....trois générations . Ils avaient admiré le vieux chêne, debout et fier . Aujourd'hui , ils sont venus se mesurer à lui , vaincu et à terre .


 


LE CHÂTEAU DE RASISSE

Une tour en ruine, quelques murs, c'est tout ce qu'il reste du château de Rasisse.
Au fond de la vallée du Dadou et sur sa plateforme rocheuse, il s'endort lentement au fil des siècles. Les gorges abruptes qui l'entourent sur trois côtés et la végétation qui le recouvre, semblent encore le protéger. Sans doute placé là, au moyen âge, pour sécuriser le passage au long du Dadou, il permettait les échanges entre le Rouergue et le bas Languedoc.
La nuit qui couvre son histoire, laisse à notre imagination le choix de légendes tragiques ou mystérieuses.

Et pourtant, le château de Rasisse a affronté la guerre de cent ans et même la domination Anglaise.
En 1381, une bande de routiers, abandonnés par le prince noir, l'occupent solidement. Un siècle plus tard d'après un testament, c'est un Génibrouse, qui est seigneur du Travet et de Rasisse.
En 1568, il est enlevé aux catholiques par les troupes du duc de Montgomery. Placé à la limite des diocèses d'Albi et de Castres, il n'a pas été épargné par les guerres de religions .
En 1586,les frères la Ginié, nouvellement convertis au catholicisme, sont massacrés dans le château, des mains mêmes du seigneur de Boisseson, lui aussi du parti catholique .

 

IL a connu aussi des drames : En 1664, c'est son seigneur, François de Génibrouse , qui est assassiné , a côté du château de Berlan ,sur le chemin de Castres , par le sieur Brandouin de la mouline et le seigneur de Rayssac de Janes .IL a été enterré dans l'église de Notre Dame del Trabet ( église actuelle) près de l'autel, du côté gauche.

Il y eu aussi des moments plus heureux comme en 1665 , dans le château de Rasisse, le mariage d'une fille du défunt François de Génibrouse avec un Cabrol seigneur de La Roque .


Et puis après les guerres, les destructions , vint l'éloignement et l'abandon . Tout cela fut fatal au vieux château , qui tomba d'abord dans l'oubli et ensuite en ruine

Il ne lui reste plus maintenant, que le silence .